Charlie Hebdo, petit mais costaud !

Encore une fois Charlie Hebdo fait parler de lui en publiant des caricatures représentant le prophète de l’Islam, l’une des trois principales religions monothéistes. Pour cette religion, représenter son prophète est jugé blasphématoire, « une insulte à l’égard de ce qui est considéré comme sacré ». Cette définition met en avant le caractère sacré d’une chose, mais sacré pour qui ? Pour celui qui considère cette chose comme telle. L’acte du blasphème n’a donc de sens que pour celui qui considère une chose sacrée. Cette personne ne doit donc nullement voir une insulte lorsque la parole ou l’acte qu’il jugerait blasphématoire émane d’une personne pour laquelle cette parole ou cet acte n’invoque rien de sacré.

Charlie Hebdo, dont la rédaction se dit athée, n’insulte en rien l’Islam lorsqu’il caricature son prophète.

De même lorsqu’il caricature d’autres symboles d’autres religions.

Mais le plus intéressant ici, c’est l’ampleur que cette publication prend ! Dès la veille de la parution du journal satirique, alors que la rédaction a pour habitude d’envoyer sa une à quelques journalistes, le buzz à commencé sur le web. Le lendemain, tous les journaux en parlaient faisant plus de bruit que certains groupes musulmans soit disant provoqués.
Il est vrai que cette publication intervient dans un contexte tendu dans le monde musulman, avec les multiples manifestations contre le film « L’innocence des musulmans », mais en France, le contexte s’est soudainement alourdi avec toute cette agitation de la société en général.Comment un journal aussi modeste que Charlie Hebdo (l’hebdomadaire n’est tiré qu’à 60 000 exemplaires), peut agiter autant toute une société ?

Cela traduit-il un malaise persistant de la société française à l’égard d’une communauté musulmane à nouveau stigmatisée ?